LaboMaison#5 : la maison solidaire avec Label Emmaüs

Au sommaire cette semaine, la maison solidaire avec le site d'e-commerce Label Emmaüs, l'orientation premium de Hisense dans la cuisine et encore une machine à café, celle de Krups cette fois-ci.

LABOMAISON
5 min ⋅ 05/10/2023

## Label Emmaüs, le trouble-fête du e-commerce

Parler de la maison, c’est aussi s’intéresser aux solutions alternatives pour s’équiper, penser reconditionné, recyclage et économie solidaire. Et en ces périodes de French Days finissant mais annonçant le prochain Black Friday, un acteur comme Label Emmaüs tente, tant bien que mal, d’émerger comme première marketplace à but non lucratif. Créé en 2016, cette plateforme d’e-commerce propose un catalogue exclusivement alimenté par des acteurs de l’économie sociale et solidaire, avec des produits recyclés, reconditionnés. Depuis sa création, plus de 1,1 million de produits ont ainsi retrouvé une seconde vie, et ce sont environ 1770 tonnes d’émissions de CO2 qui ont été évitées par an. La plateforme fédère 170 associations, ressourceries, ou Emmaüs. Et si elle s’apparente avant tout à un projet de formation au e-commerce, la plateforme entend bien venir jouer des coudes avec les marketplaces actuelles, en s’invitant sur différents créneaux, notamment la maison au sens large (1/3 du chiffre d’affaires généré), avec la décoration bien sûr, l’ameublement, mais aussi l’électroménager. Et la tech fait bien partie des priorités de Label Emmaüs, même si ce n’est pas encore le cœur de son business. “Nous avons tous types d’objets. Le high tech reconditionné n’est pas le plus vendu. La tech et l’électroménager ne représentent qu’une part infime de nos revenus”, explique Céline Motte, la co-directrice de la market place solidaire. Label Emmaüs propose néanmoins, via ses partenaires une gamme de produits de la maison, couvrant essentiellement le petit électroménager, reconditionnés et garantis.

La plateforme s’appuie sur une dizaine de marchands tech qui peuvent être aussi actifs sur BackMarket. Parmi eux, les Ateliers du Bocage, une coopérative d’utilité sociale et environnementale, qui reconditionne les smartphones et autres produits informatiques. Les smartphones sont récupérés et contrôlés (72 points de contrôles au total), et bénéficient de 12 mois de garantie ainsi qu’une certification Service France Garantie.

Envie.org est également présent sur la marketplace, pour la partie électroménager. Et Label Emmaüs est en discussion avec Murphy, un service en ligne de dépannage d’électroménager. L’idée est de devenir une plateforme plus visible sur ces marchés.

 Le fait d’être une marketplace généraliste pénalise notre légitimité à faire de la high tech”, reconnaît Céline Motte.  Emmaüs n’est pas associée forcément à la garantie. Nous avons un vrai enjeu de faire découvrir cette offre parce que les gens ne le savent pas”, reconnaît-elle. D’autant plus que la plateforme s’aligne sur l’offre de la concurrence. Les produits ont une garantie minimum, satisfaits ou remboursés et les engagements sont respectés. Elle propose également des catégories d’état de produits. Last but not least, elle peut se prévaloir d’un taux de retour de moins de 4%.

Quand on fait remarquer que certains produits sont plus chers sur Label Emmaüs que sur certains sites spécialisés dans le reconditionné en France, la codirectrice rétorque que “nous pouvons être un peu plus cher que les autres, mais en achetant chez nous, vous participez à l’effort de formation et de réinsertion”. Sur le prix affiché d’un smartphone par exemple, 50% est consacré à l’approvisionnement, 25% à la réparation et à la remise en état, 15% provient de la formation et l’insertion professionnelle et 10% des préparations des commandes. C’est ce qui peut expliquer qu’un iPhone 11 64 Go en très bon état est vendu 360 euros par Label Emmaüs, quand il est affiché à 335 € chez Certideal C’est le prix de l’effort social fourni par la plateforme.

## Krups Evidence by Wilmotte

Le secteur du café est en ébullition depuis la rentrée. Pas une semaine sans un nouveau produit, un nouveau lancement. Nous avons pu ainsi parler dans cette newsletter de Delonghi, de Jura ou de Sage. Mais il manquait un acteur, Krups. C’est chose faite avec la présentation en grande pompe de sa nouvelle machine avec broyeur, dessinée par l’architecte et designer Jean-François Wilmotte. La machine reprend dans les grandes lignes les fondamentaux de la famille Evidence, auxquels le cabinet Wilmotte a apporté sa patte : un design épuré, des volumes circulaires et cylindriques, un mélange des matériaux. Evidence se distingue par sa façade en aluminium bleu ivano de la gamme “APLAT by Wilmotte”, sa grille en acier inoxydable et sa buse café surmontée d’un plastron en acier inoxydables brossé.

Que l’on aime ou non sa signature visuelle, elle se veut un exemple de l’excellence à la française. Rien que ça. Pour couronner le tout, la machine affiche effectivement sa fabrication française, précisément en Mayenne, et possède une carte électronique également fabriquée en France, à Saint-Lô cette fois-ci.

Sur le plan technique, la machine ne présente pas de grandes nouveautés. On retrouve un panneau de commande avec un écran LCD, un réservoir d’eau de 2,3 litres, une pression de 15 bars, et un choix de 12 recettes de boissons (café, lait et thé). Krups garde la mainmise sur le nettoyage de la chambre d’extraction, à l’image de Jura. Les entretiens sont donc automatisés au maximum.

La collaboration VIP de cette machine automatique ne s’arrête pas là puisqu’elle embarque également avec elle un autre grand nom de l’excellence à la française, le chef Alain Ducasse en personne. La Manufacture de Café du même nom a élaboré un mélange exclusivement pour cette machine. “Cet assemblage offre un café moderne, rond, serein, et équilibré, tout en préservant une complexité gustative étonnante. Un mélange distinctif vous entraînant dans un voyage à travers les meilleures régions à café du monde : du Brésil et de la Colombie jusqu’en Inde en passant par l’Ethiopie ; Structuré et réconfortant à l’image des lignes de la machine à café”. Brad Pitt et George Clooney, les ambassadeurs respectifs de Delonghi et de Nespresso, n’ont qu’à bien se tenir !

La machine est vendue au prix de 899,99 €, mais le mélange d’Alain Ducasse est bien entendu en sus.

» Pour en savoir plus, lire : Le café dans tous ses états

## Hisense voit les choses en grand

(c) Hisense(c) Hisense

Depuis le rachat de Gorenje en 2018, Hisense ne cesse de montrer ses ambitions dans l’électroménager et monte en gamme. Le salon de l’électronique grand public de Berlin, l’IFA, qui s’est déroulé début septembre, a été l’occasion pour le groupe chinois de dévoiler une série de nouveaux produits qui n’ont rien à envier à la concurrence. On pense notamment à ses séries 3S, 5S et 7S de lave-linge qui présentent, pour les modèles les plus hauts de gamme, une connectivité, un réservoir automatique de lessive pour réduire sa consommation, un programme vapeur en début de lavage pour un meilleur lavage, des programmes assistés par l’intelligence artificielle avec détection du linge notamment... Autant de technologies embarquées qui placent ces produits dans le haut du panier. Et l’idée est simple : faire de Hisense une marque premium qui pourra venir chasser sur les terres des grands acteurs du marché. Le groupe revendique aussi la troisième place du marché des réfrigérateurs en pose libre, avec 7% de part de marché en valeur et 6% en volume. Il a également doublé son chiffre d’affaires en cuisson en deux ans. Mais Hisense voit plus grand et cible désormais les cuisinistes, le graal du premium. Damien Neymarc, le directeur marketing du groupe en France, nous confiait dans les allées de l’IFA que Hisense allait y aller sans pression, entre 2024 et 2026. Toutes les gammes seront donc déclinées en encastrables dans les prochains mois.

Le marché des cuisinistes représente 28% du marché de l’encastrable (en valeur et hors froid). Et Les distributeurs cuisinistes mettent l’accent sur la fabrication en Europe, des lignes de design complètes (four, places de cuisson, réfrigérateur, cave à vin…) et haut de gamme, ce qui signifie innovation et technologie dans toutes les gammes de produits. C’est notamment pour répondre à cette demande que Hisense a investit en Europe dans une usine de réfrigérateurs en Serbie (45 millions d’euros) pour produire quelque 750 000 appareils par an. Le groupe chinois se donne donc les moyens de jouer dans la cour des grands.

LABOMAISON

Par Marco Mosca

Ancien rédacteur en chef et directeur de marque des Numériques, ancien co-rédacteur en chef de Challenges.fr, j’ai décidé de me lancer dans l’aventure LaboMaison, mêlant, la tech, le test, le produit, l’analyse et l’enquête.

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